Pourquoi partir loin pour se rencontrer soi-même ?

Karine LAILLIER

Peut-on vivre une expérience profonde sans partir à l’autre bout du monde ?

C’est une question que l’on nous pose parfois.

Et elle est légitime.

Après tout, est-il vraiment nécessaire de traverser le monde pour prendre du recul, réfléchir ou vivre une expérience qui nous transforme ?

Au fil des années, notre réponse s’est construite non pas à partir d’une théorie, mais de ce que nous avons observé en accompagnant des groupes.

Nous pensons qu’il est tout à fait possible de vivre des expériences profondes près de chez soi.

En revanche, nous avons souvent constaté que le simple fait de quitter son environnement habituel change profondément la manière dont une personne entre dans son voyage.

Ce n’est pas la distance qui transforme.

Ce n’est pas le pays qui fait le travail.

Mais le fait de changer de rythme, de repères, de langue et d’habitudes ouvre souvent un espace que le quotidien laisse plus difficilement émerger.

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Une remarque qui nous a fait réfléchir

À la fin d’un voyage organisé à l’étranger, une participante nous a dit :

« Finalement, tout ce que nous avons vécu ici, nous aurions pu le vivre en France. »

Sur le moment, nous avons trouvé cette réflexion très juste.

Les échanges.

Les temps de partage.

Les moments de réflexion.

Une grande partie de ce qui a été vécu aurait effectivement pu exister ailleurs.

Et pourtant…

Notre expérience de terrain nous conduit à une conclusion un peu différente.

Car ce qui change profondément, ce n’est pas seulement ce que nous faisons.

C’est aussi le fait d’avoir quitté notre quotidien.

Quitter ses habitudes, c’est déjà commencer le voyage

Notre vie est faite de repères.

Les mêmes trajets.

Les mêmes horaires.

Les mêmes responsabilités.

Les mêmes sollicitations.

Même lorsque nous décidons de prendre du temps pour nous, une partie de notre attention reste tournée vers ce qui nous attend en rentrant.

En voyage, cette réalité s’efface naturellement.

Le téléphone devient moins présent.

Les obligations restent à la maison.

Le regard change.

Petit à petit, une autre disponibilité apparaît.

Nous avons souvent observé que cette coupure permet aux voyageurs d’être beaucoup plus présents à ce qu’ils vivent.

Une langue étrangère nous invite à écouter autrement

C’est probablement l’une des observations les plus étonnantes que nous avons faites.

Lorsque nous nous trouvons dans un pays dont nous ne maîtrisons pas totalement la langue, notre manière d’être évolue.

Nous écoutons davantage.

Nous observons plus attentivement.

Nous acceptons plus facilement de ne pas tout comprendre.

Nous ralentissons naturellement.

Et, paradoxalement, beaucoup de voyageurs nous parlent plus librement d’eux-mêmes.

Peut-être parce qu’ils ne sont plus entourés de personnes qui les connaissent depuis toujours.

Ils ne sont plus « le collègue », « le parent », « le voisin » ou « le chef d’entreprise ».

Pendant quelques jours, ils deviennent simplement des voyageurs.

Et cette liberté favorise souvent une parole plus authentique, avec moins de peur du regard des autres.

Le temps devient un allié

Nos voyages durent généralement une dizaine de jours, parfois davantage.

Ce choix n’est pas un hasard.

Nous avons souvent observé qu’il faut plusieurs jours avant que le rythme du quotidien s’efface réellement.

Les premiers jours permettent de découvrir un nouveau pays.

Puis, progressivement, les habitudes changent.

Les conversations deviennent plus profondes.

Les silences prennent une autre place.

Les téléphones se font plus discrets.

Et certains voyageurs profitent naturellement de cette période pour mettre en place de nouvelles habitudes qu’ils auront envie de conserver une fois rentrés chez eux.

Il ne s’agit pas de fuir sa vie

Partir loin n’est pas une fuite.

C’est parfois une façon de créer suffisamment d’espace pour regarder sa vie avec un peu plus de recul.

Nous ne pensons pas que la transformation appartienne à un pays.

Nous ne pensons pas non plus qu’il faille parcourir des milliers de kilomètres pour vivre une expérience importante.

En revanche, notre expérience nous montre que le simple fait de changer de culture, de langue, de rythme et de repères crée souvent des conditions particulièrement favorables à cette disponibilité intérieure.

Alors, pourquoi partir loin ?

Nous ne voyageons pas parce qu’il serait impossible de vivre certaines expériences près de chez nous.

Nous voyageons parce que quitter son environnement habituel nous aide souvent à ralentir, à écouter autrement et à porter un regard neuf sur notre propre vie.

Au fil des années, c’est l’une des observations qui est revenue le plus souvent dans les témoignages de nos voyageurs.

Et c’est sans doute l’une des raisons qui nous pousse, encore aujourd’hui, à accompagner des groupes aux quatre coins du monde.

Parce que parfois, il suffit simplement de changer d’horizon…

…pour commencer à regarder sa vie autrement.

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Voyager autour du Monde et au coeur de Soi

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